Du CCE au western, tous les rêves sont permis : la vie de Magali Gayet.
Sport - INTERVIEW

Du CCE au western, tous les rêves sont permis : la vie de Magali Gayet.

A la rencontre d'une cavalière de western à Equita Lyon

Magali Gayet est cavalière de western. Samedi 29 octobre, elle a foulé avec ses chevaux le sable d’Equita Lyon lors de l’épreuve de reining. Une discipline peu connue, qui fait vibrer cette maman de 41 ans depuis de nombreuses années. 


Pouvez-vous vous présenter ?


Je suis cavalière de western et je gère avec mon mari des écuries à Saint-Martin-d’Uriage, à côté de Grenoble. A la base, je suis adepte du concours complet, mais je suis passée au western il y a un peu plus de 20 ans. J’ai tourné sur le circuit européen de reining il y a quelques années, et aujourd’hui, je continue les compétitions. Je fais aussi de la valorisation de chevaux de sport et en parallèle, j’enseigne l’équitation western.


Quelle différence entre le ranch riding et le reining ?


La distinction va se faire au niveau du jugement. Dans le ranch riding, on va juger la qualité des transitions, et la réactivité. On va pas avoir beaucoup de manoeuvres à effectuer. Dans le reining, on a un certain nombre de figures imposées, comme en dressage. On doit dérouler notre reprise avec des rênes tenues à une main, et une tension discontinue sur le mors. Il nous est demandé de reproduire des figures de l’équitation western, comme le « sliding stop » (l’arrêt glissé), ou encore le « spin » (tours à 360° sur place). 

Personnellement, je préfère le reining parce que ça demande une vraie communion avec le cheval et les sensations sont phénoménales. 


Pourquoi avoir eu envie de faire du reining ? 


Lorsque j’étais à la fac, mon emploi du temps n’était plus très compatible avec celui des concours de complet. Dans la famille de mon mari, un de ses oncles élevait des Quarter Horse. Un jour, on est allés voir ses chevaux et je suis tombée amoureuse. On a acheté une jument, puis un étalon avec lequel j’ai débuté les compétitions de reining. Et depuis 14 ans, je n’ai jamais arrêté.


Le reining se transmet en famille ? 


Un de mes deux fils, Evan, a récupéré mon étalon pour faire de la compétition. Ça fait 3 ans qu’il sort en concours et ce qu’il aime, c’est la sensation de vitesse. Je ne l’ai jamais poussé à pratiquer la discipline, c’est lui qui en a eu l’envie. 

Plus tard, son souhait serait de travailler dans ce milieu, mais moi j’aimerais bien qu’il fasse autre chose. Le western, c’est une discipline qui se développe mais ça reste quand même une niche, c’est hyper concurrentiel. J’aimerais que mes enfants montent à cheval pour leurs loisirs et qu’ils gagnent leurs vies correctement à côté. 


Les qualités d’un cheval dans la pratique du western ? 


Dans le western, il y a une grande diversité de disciplines, donc il y a un large panel de qualités à avoir. Pour celles que je pratique, le reining et le ranch riding, il faut des chevaux qui soient puissants au niveau de l’arrière main avec une capacité à beaucoup s’assoir, et un mental solide. 


Il y a peu de cavaliers de compétition en reining, comment est l’ambiance ? 


Comparativement aux concours de CSO et de complet, je trouve que c’est une atmosphère plus décontractée. Il y a le même esprit de compétition que dans une autre discipline mais on la ressent différemment. Les relations sont saines, on prend plaisir à se retrouver lors des concours. 


Aimeriez-vous que cette discipline soit plus médiatisée ? 


Oui bien-sûr. Je regrette amèrement que le reining ne soit plus représenté par la FEI (Fédération Equestre Internationale). C’était quelque chose d’important, ça donnait une visibilité à notre sport. Et ça permettait de fixer un cadre, parce que la FEI impose des règles plus strictes que la NRHA (National Reining Horse Association), notamment à propos de la « tranquilisation » des chevaux qui est autorisée par la NRHA et qui me scandalise. 

Et puis la FEI permettait à nos cavaliers français de briller à l’international. Donc pour que le reining soit plus médiatisé il faut qu’il y ait une volonté des instances dirigeantes à s’ouvrir


Pourquoi se mettre à l’équitation western ? 


Tout d’abord, parce qu’il y a un contact avec le cheval qui est unique. Quand on se rend compte qu’on peut contrôler son cheval avec beaucoup de finesse et de liberté, ce sont des sensations incroyables. Et puis, les chevaux qui participent à cette discipline sont pourvus de gentillesse et de calme. Collaborer avec eux est un vrai plaisir. 

Magali Gayet

Magali Gayet

  • Cavalière de western depuis 20 ans
  • Gérante d'écuries à Saint-Martin-d’Uriage